Splash MediaACTUALITÉS
CULTURE & DÉCOUVERTES

Afrique du Sud : 510 soldats déployés face aux violences xénophobes avant les municipales

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
violences xénophobes Afrique du Sud
4 min de lecture

À une semaine des élections municipales du 4 novembre, l'Afrique du Sud a confirmé le déploiement de 510 soldats dans la province du KwaZulu-Natal, épicentre d'une vague de violences visant les étrangers. Une mission qui doit durer jusqu'au 30 novembre et coûter environ 34 millions de rands, soit un peu plus de 1,8 million d'euros, selon les chiffres de la présidence rapportés par RFI.

Un déploiement précisé par Cyril Ramaphosa

Le 27 octobre, le président Cyril Ramaphosa a donné au Parlement les détails de cette opération, entamée dès le 9 octobre. Selon le communiqué de la présidence cité par les agences et repris par Demócrata, les militaires doivent appuyer la police dans le maintien de l'ordre « au vu des récents actes violents nés d'une campagne de désinformation ».

Un porte-parole de la présidence a assuré, d'après RFI, que les soldats sont « prêts à appuyer la police en cas de toute éventualité ».

Chiffres clés de l'opération :

  • 510 soldats de l'armée sud-africaine déployés ;
  • KwaZulu-Natal, et en particulier Durban, comme zone d'intervention ;
  • jusqu'au 30 novembre 2026 ;
  • coût estimé : 34 millions de rands (environ 1,8 million d'euros).

Durban, épicentre des violences

Tout est parti d'une réforme administrative. D'après TimesLIVE, le ministère de l'Intérieur avait demandé aux bureaux d'accueil des réfugiés d'accepter les demandes d'asile déposées en personne ; RFI précise que cette mesure découlait d'une décision de la Cour constitutionnelle. Des manifestations anti-migrants ont suivi. Le ministère a retiré la circulaire, mais la violence a continué de monter.

Début octobre, pendant deux jours, des émeutiers ont parcouru plusieurs quartiers de Durban, de Glenwood au centre-ville, cassant vitrines et portes, pillant des commerces et frappant des personnes perçues comme étrangères. Selon TimesLIVE, 14 voitures et plusieurs bâtiments ont été incendiés, et la police a arrêté 19 suspects. Le chef du gouvernement provincial, Thami Ntuli, avait alors réclamé l'armée, arrivée sur place le 10 octobre.

Le mouvement anti-immigration March and March, qui manifestait devant les bureaux de l'Intérieur, a pris ses distances avec les violences. Sa fondatrice, Jacinta Ngobese-Zuma, assure, selon TimesLIVE, que « ce qui se passe, ce n'est pas nous ».

Un homme battu à mort le 22 octobre

La tension n'est pas retombée avec l'arrivée des soldats. Le 22 octobre, un étranger qui aurait entre la fin de la trentaine et le début de la quarantaine a été battu à mort par une foule d'une cinquantaine de personnes dans le centre de Durban, en marge d'une manifestation contre l'immigration illégale, selon la police sud-africaine citée par Newsweek. Son identité et sa nationalité n'ont pas été communiquées, et la police dit ne pas avoir établi le mobile. Une enquête pour meurtre est ouverte.

Pourquoi la colère anti-migrants monte

Le contexte économique pèse lourd. Le chômage a atteint 33,6 % au deuxième trimestre 2026, soit environ 8,5 millions de personnes, selon Statistics South Africa cité par Newsweek. D'après les chiffres officiels de 2023, le pays compte environ 3,1 millions d'étrangers pour 62 millions d'habitants, venus surtout du Zimbabwe et du Malawi.

Un rapport Afrobarometer publié en janvier 2026 indiquait que 69 % des Sud-Africains estiment que les immigrés nuisent à l'économie. Le président Ramaphosa conteste ce discours : selon lui, les étrangers ne représentent qu'« une très faible proportion des usagers » des services publics. Pour le politologue Loren B. Landau, interrogé par Newsweek, cette rhétorique offre « une fausse solution aux problèmes très réels de l'Afrique du Sud ».

L'immigration s'est imposée comme un thème central de la campagne des municipales du 4 novembre, et des associations accusent certains groupes de bâtir une plateforme électorale sur la xénophobie.

Ce que ça change pour les Africains installés en Afrique du Sud

Pour les communautés africaines établies dans le pays, notamment à Durban et autour de Johannesburg, la période électorale s'annonce à risque. Le Nigeria, le Mozambique et le Malawi affirment que certains de leurs ressortissants ont été tués lors d'attaques xénophobes, des affirmations en partie contestées par Pretoria, rappelle Newsweek.

La présence de l'armée jusqu'à fin novembre doit couvrir le scrutin et ses suites. Les ressortissants étrangers ont intérêt à suivre les consignes de leurs ambassades et des autorités locales, et à éviter les rassemblements.

FAQ

Pourquoi l'armée est-elle déployée en Afrique du Sud ? Pour appuyer la police au KwaZulu-Natal, surtout à Durban, après des violences contre des étrangers. Le président Ramaphosa a ordonné le déploiement de 510 soldats jusqu'au 30 novembre 2026.

Quand ont lieu les élections municipales sud-africaines ? Le mercredi 4 novembre 2026. L'immigration est l'un des thèmes majeurs de la campagne.

Qui sont les étrangers visés ? Les autorités n'ont pas détaillé les nationalités des victimes récentes. Les migrants en Afrique du Sud viennent surtout du Zimbabwe et du Malawi, mais aussi d'autres pays du continent, dont le Nigeria et le Mozambique.

Fin de l’articleÀ lire ensuite
Votre lecture continue

À lire ensuite

Dans la même rubriqueTogo-Russie : Rosatom et Lomé signent à Moscou un mémorandum sur le nucléaire civilEn marge du 3e sommet Russie-Afrique, le ministère togolais de l'Énergie et le groupe public russe Rosatom ont signé le 28 octobre 2026 à Moscou un mémorandum…Actualités 4 minLire l’article