Au Nigeria, le gouvernement fédéral et le Nigeria Labour Congress (NLC), la principale centrale syndicale du pays, ont trouvé un terrain d'entente pour éviter une nouvelle grève. À l'issue d'une réunion de conciliation tenue mardi 27 octobre au ministère du Travail et de l'Emploi, à Abuja, les deux parties ont signé une série de huit résolutions, dont une aide au transport de 70 000 nairas par mois.
Selon le document de résolutions rapporté par Nairametrics, The Whistler et Legit.ng, cette « intervention transport » concerne les travailleurs du secteur public « à tous les niveaux ». Elle sera versée pendant six mois à partir de novembre 2026.
Ce que prévoit l'accord
Les principales mesures annoncées sont les suivantes :
- Aide au transport : 70 000 nairas par mois pendant six mois, à partir de novembre 2026.
- « Peculiar allowance » (indemnité spécifique) : approuvée avec effet au 1er mai 2026, les arriérés seront payés en trois mensualités égales à partir de novembre.
- Personnels de santé : 19 mois d'arriérés d'indemnités seront apurés en trois mois, à partir de décembre 2026, selon The Whistler.
- Salaire minimum : un comité de négociation doit être mis en place immédiatement.
- Suivi : les deux parties se retrouveront dans un mois pour évaluer l'application des mesures.
Le communiqué conjoint qualifie l'accord de « résolution historique » apportant un « soulagement immédiat » aux travailleurs. Le texte invite aussi les États fédérés et les collectivités locales à appliquer la mesure à leur niveau, ce qui laisse ouverte la question de la prise en charge pour leurs agents.
Des zones d'ombre
Plusieurs points restent flous. Selon Legit.ng, le document ne précise pas à quel moment du mois l'aide sera versée, ni comment elle sera administrée. Le coût total de la mesure pour le budget fédéral n'a pas non plus été communiqué.
Surtout, le désaccord demeure sur le salaire minimum. Le document de résolutions note qu'il existe « un désaccord sur la date effective de mise en œuvre » d'un nouveau salaire minimum, selon The Whistler. Le salaire minimum national est actuellement fixé à 70 000 nairas par mois, en vertu de la loi promulguée par le président Bola Tinubu en juillet 2024. D'après Legit.ng, le ministre du Travail jugeait qu'ouvrir une révision à peine deux ans après son entrée en vigueur perturberait les relations sociales.
La question fiscale, elle, a été renvoyée au Conseil exécutif national, car elle relève de la loi. Les syndicats réclament un allègement d'impôt pour augmenter le revenu disponible des salariés.
Un ultimatum à l'origine des négociations
Cet accord fait suite à l'ultimatum de deux semaines lancé par le NLC à partir du 9 octobre, à l'issue d'une réunion de ses instances dirigeantes. Dans un communiqué signé par son président Joe Ajaero, la centrale demandait au gouvernement de « prendre des mesures pour réduire le prix de l'essence » dans tout le pays et d'ouvrir la renégociation du salaire minimum avant la fin octobre, selon Nairametrics.
Sur le carburant, l'accord du 27 octobre ne mentionne aucune baisse du prix à la pompe. Le président Tinubu avait récemment exclu tout retour de la subvention sur l'essence avant la présidentielle de 2027, comme l'a rapporté Splash Media. La suppression de cette subvention, en mai 2023, est à l'origine d'une forte hausse du coût de la vie.
Qui a signé
Le document a été signé, côté gouvernement, par le directeur général du Budget, Tanimu Yakubu, et par le Dr Garba Abdul, secrétaire permanent au bureau du bien-être de la fonction publique. Côté syndical, il porte les signatures de Joe Ajaero, président du NLC, et d'Olowoyo Gbenga, secrétaire national du conseil de négociation de la fonction publique. Le ministre du Travail et de l'Emploi, Muhammad Maigari Dingyadi, l'a également signé.
Le gouvernement fédéral a assuré qu'il « respecte pleinement le droit » du NLC à défendre de meilleures conditions de travail, selon The Whistler. Le rendez-vous d'évaluation, dans un mois, dira si les engagements sont tenus.
Questions fréquentes
Qui va toucher les 70 000 nairas ? Le document parle des travailleurs « à tous les niveaux » du secteur public. Les États et les collectivités locales sont invités à appliquer la mesure, mais leur participation n'est pas garantie.
Combien de temps durera l'aide au transport ? Six mois, à partir de novembre 2026, soit jusqu'à avril 2027 si le calendrier est respecté.
Le salaire minimum va-t-il augmenter ? Pas pour l'instant. Un comité de négociation doit être créé, mais gouvernement et syndicats ne sont pas d'accord sur la date d'entrée en vigueur d'un nouveau montant.
