Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a annoncé le lundi 26 octobre 2026 la suppression de la TVA sur les aliments pour animaux et leurs intrants. Il s'exprimait lors de l'émission « Les Grands rendez-vous » de l'Agence ivoirienne de presse (AIP), à Abidjan.
Dans la foulée, il a présenté la feuille de route du gouvernement pour réduire la dépendance du pays aux importations de viande, de poisson et de lait d'ici 2030.
De 18 % à 0 % : le parcours d'une taxe
Jusqu'en 2025, les aliments pour volailles et pour bétail, ainsi que leurs intrants de production, étaient exonérés de TVA. L'annexe fiscale de la loi de finances 2026 a supprimé cette exonération, selon l'AIP. Le taux normal de 18 % a ensuite été ramené à 9 % pour soulager le secteur.
« Pour l'exercice 2026-2027, le taux de TVA sera ramené à 0 % », a déclaré le ministre, cité par l'AIP. Une autre dépêche de l'agence évoque la suppression « en 2027 » de cette taxe de 9 %. La date exacte d'entrée en vigueur reste donc à confirmer, notamment par la loi de finances 2027.
L'enjeu est de taille pour les producteurs. Selon le ministre, « les coûts des intrants représentent plus de 60 % des dépenses engagées dans le secteur de l'élevage ». La fabrication locale d'aliments dépend fortement du maïs, du soja et du blé importés.
Couvrir 75 % des besoins d'ici 2030
Le ministre a aussi détaillé la deuxième phase de la Politique nationale de développement de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture (PONADEPA 2026-2030). Son objectif : porter la couverture des besoins nationaux de 36 % à 75 % d'ici 2030, selon la RTI. « La souveraineté est un impératif », a-t-il insisté.
Les chiffres clés présentés :
- près de 2 000 milliards FCFA : coût global de la PONADEPA 2026-2030 ;
- 80 % : part du financement attendue du secteur privé ;
- 1 600 milliards FCFA : investissements privés visés d'ici 2030 ;
- près de 780 milliards FCFA : coût des importations de viande et de poisson en 2024 ;
- 12 % : part des besoins en poisson couverte par la production nationale, selon la RTI.
Des progrès déjà mesurés
Selon le ministre, cité par l'AIP, la production nationale couvre aujourd'hui environ 49 % des besoins en viande, mais seulement 15 % des besoins en lait. Entre 2022 et 2025, la production avicole aurait progressé de 35 %. La production aquacole serait passée de 6 300 tonnes à près de 12 895 tonnes sur la même période.
« La souveraineté alimentaire suppose de placer davantage nos producteurs nationaux au cœur de notre approvisionnement », a résumé Sidi Tiémoko Touré.
Un contexte de vie chère
L'annonce intervient en pleine tension sur les prix du poisson importé. Après la colère des commerçantes d'Abobo, de Yopougon et de Daloa, le ministère du Commerce a obtenu une baisse du prix des cartons de chinchard et de maquereau et installé, le même 26 octobre, un comité technique sur les prix, rapporte l'AIP.
La suppression de la TVA sur l'aliment du bétail vise, à terme, à faire baisser le coût de production de la viande, des œufs et du lait. Reste à savoir si cette baisse se retrouvera dans les prix payés par les consommateurs.
FAQ
La TVA sur l'aliment du bétail est-elle déjà supprimée ? Non. Le ministre a annoncé un taux de 0 % pour l'exercice 2026-2027. La date d'application doit encore être précisée par les textes budgétaires.
Quels produits sont concernés ? Selon l'AIP, les aliments pour animaux, notamment pour la volaille et le bétail, et les intrants nécessaires à leur fabrication.
Pourquoi cette mesure ? Les intrants pèsent plus de 60 % des dépenses des éleveurs, selon le ministre. Le gouvernement veut réduire les coûts de production et la dépendance aux importations.
