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Attaque de Binnari dans l'État de Taraba : le bilan monte à au moins 48 morts au Nigeria

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
attaque Taraba Nigeria
4 min de lecture

Le bilan de l'attaque du village de Binnari, dans l'État de Taraba, au nord-est du Nigeria, ne cesse de s'alourdir. La police fait désormais état d'au moins 48 morts, contre 10 au départ, tandis qu'Amnesty International et les habitants avancent un chiffre d'environ 50 victimes.

L'attaque a eu lieu le vendredi 23 octobre 2026, peu après la prière du vendredi, dans la zone de gouvernement local de Karim Lamido, selon Premium Times et Channels Television.

Des bilans qui varient

Les chiffres ont évolué au fil des découvertes de corps. Voici les principaux bilans publiés :

  • 10 morts : premier bilan de la police, qui avait retrouvé dix corps portant des blessures par balle ;
  • 40 morts : bilan rapporté par Premium Times et Amnesty International Nigeria le 25 octobre ;
  • au moins 48 morts : nouveau bilan de la police, donné par son porte-parole, l'ASP Victor Mshelizah, à la BBC, selon Pen Agency News ;
  • 50 morts selon la communauté, citée par Channels Television, et selon des habitants interrogés par l'AFP ;
  • 52 morts selon Amnesty International, d'après son directeur pour le Nigeria, Isa Sanusi, et selon le quotidien Daily Trust.

Les recherches se poursuivaient pour retrouver des personnes portées disparues. Les victimes ont été enterrées lors d'une inhumation collective, selon Channels Television.

Beaucoup de victimes noyées en fuyant

Binnari est un bourg marchand. Selon Pen Agency News, les assaillants, décrits par la police comme des « bandits » présumés, sont arrivés à moto. Un responsable communautaire a évoqué auprès de l'AFP une cinquantaine de motos transportant chacune deux hommes. Ils ont ouvert le feu, pillé des boutiques et des réserves de nourriture, puis incendié des maisons et des étals.

Pris de panique, de nombreux habitants ont tenté de fuir en traversant une rivière. Beaucoup s'y sont noyés, notamment des commerçants qui ne savaient pas nager et des ouvriers agricoles. Un batelier local, Jibri Dabo, affirme que ses plongeurs ont repêché 41 corps. Selon Channels Television, la communauté a aussi retrouvé 27 corps dans la brousse et 13 autres, en majorité des enfants, dans la rivière et ses environs.

Des assaillants venus de l'État voisin ?

D'après les habitants, les assaillants seraient venus de l'État voisin du Plateau, avec des armes sophistiquées. La communauté affirme que Binnari avait déjà été attaqué à plusieurs reprises. Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque, et l'identité des auteurs n'a pas été établie officiellement.

Le député local Anas Shuaibu a qualifié l'attaque de « one attack too many » (« une attaque de trop ») et appelé l'État du Plateau à renforcer la sécurité à sa frontière. Un responsable communautaire, Tanko Bobbo Andemin, a lui pointé l'enclavement de la zone : « this thing happens due to lack of access roads » (« cela arrive à cause du manque de routes d'accès »).

La réponse des autorités

La police dit avoir déployé des équipes conjointes, avec des unités tactiques, la Police Mobile Force et l'armée nigériane, pour éviter de nouvelles attaques. Le gouverneur de Taraba, Agbu Kefas, a condamné les tueries et demandé que les auteurs soient arrêtés et jugés, « regardless of their status or position » (« quels que soient leur statut ou leur position »), selon Channels Television.

L'agence de gestion des urgences de l'État (SEMA) a distribué des vivres et des produits de première nécessité aux habitants déplacés, qui se compteraient par milliers. Son secrétaire exécutif, Echuseh Audu, a appelé la population au calme et à coopérer avec les forces de sécurité.

Amnesty International hausse le ton

Amnesty International réclame une enquête impartiale. « On the side of the authorities, issuing bland statements condemning these horrific attacks is not enough » (« du côté des autorités, publier de simples déclarations condamnant ces attaques horribles ne suffit pas »), a déclaré l'organisation, citée par Premium Times.

Selon Amnesty, l'absence de poursuites contre les suspects alimente l'impunité dans les zones rurales du nord du pays. L'attaque survient à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027, où l'insécurité devrait figurer parmi les grands thèmes de campagne.

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