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Nigeria : Atiku accuse la DSS, les services répliquent et ouvrent une enquête

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
Atiku
4 min de lecture

La campagne pour les élections générales de 2027 se tend au Nigeria. Le Département des services de l'État (DSS) a répondu le mardi 3 novembre 2026 aux accusations de l'ancien vice-président Atiku Abubakar, figure de l'opposition, et du candidat Omoyele Sowore, rapportent Voice of Nigeria, le média public, et Naija News.

Au cœur de la polémique : deux incidents survenus le vendredi 31 octobre, l'un à Sokoto, dans le nord-ouest, l'autre à Ado-Ekiti, dans le sud-ouest.

Ce que reproche Atiku Abubakar

Selon Voice of Nigeria, Atiku Abubakar accuse la DSS d'avoir recruté des manifestants pour provoquer des troubles dans l'État de Sokoto. Le but, selon lui : créer un prétexte à un couvre-feu qui empêcherait le meeting de campagne de l'African Democratic Congress (ADC), la coalition d'opposition, pour le poste de gouverneur.

Dans une déclaration publiée sur son compte X le 31 octobre, il dénonçait déjà les deux incidents. « Nous résisterons à toute tentative en cours d'annuler l'opposition politique au Nigeria », écrivait-il, selon Sahara Reporters. Il réclamait des enquêtes immédiates et transparentes et accusait le parti au pouvoir, l'APC, de vouloir faire taire l'opposition avant 2027.

Sokoto : deux récits pour un même incident

Le candidat de l'ADC au poste de gouverneur de Sokoto, Manir Muhammad Dan'iya (orthographié Mannir Daniya par la DSS), affirme que des membres du Sokoto Marshal et du Sokoto State Community Guard Corps, deux corps relevant de l'État, ont bloqué son convoi près de l'aéroport international Sultan Abubakar III. Ils auraient tiré des coups de feu, endommagé des véhicules et retenu deux agents de la DSS de son équipe de sécurité, rapporte Sahara Reporters.

La DSS donne sa propre version. Ses agents ont évacué le candidat, sain et sauf, et deux d'entre eux ont été agressés, puis hospitalisés, selon Voice of Nigeria. Le service ajoute que Dan'iya a ensuite appelé le directeur de la DSS de Sokoto pour le remercier et demander des renforts.

L'APC de Sokoto rejette pour sa part les accusations du candidat, qu'elle juge inventées pour attirer la sympathie et discréditer le gouvernement de l'État. Selon le parti, le déploiement sécuritaire était lié à la préparation d'une cérémonie de remise de titre traditionnel, rapporte Sahara Reporters. La police de Sokoto a confirmé avoir reçu une plainte et ouvert une enquête.

La réponse de la DSS

Dans un communiqué signé par son porte-parole, Favour Dozie, la DSS estime que ses opérations de protection de tous les partis sont « en contradiction avec l'allégation de l'homme d'État ». Elle ajoute que de telles accusations « tendent à démoraliser nos vaillants agents qui risquent leur vie », cite Voice of Nigeria.

Le directeur général du service « a tout de même ordonné une enquête sur l'allégation, par déférence envers l'homme d'État », précise le communiqué.

Ekiti : Sowore attaqué dans un restaurant

À Ado-Ekiti, Omoyele Sowore, candidat de l'African Action Congress (AAC) à la présidentielle, et des membres de son entourage ont été attaqués dans un restaurant, selon Sahara Reporters, qui évoque des « voyous présumés soutenus par le gouvernement ». La police de l'État d'Ekiti décrit plutôt une altercation avec des individus : ses agents auraient secouru Sowore, légèrement blessé et soigné à l'hôpital de la police. Le commissaire Michael Falade a ordonné une enquête.

Sowore a lui aussi mis en cause la DSS dans cette attaque, selon Naija News. Le service répond qu'il attend les résultats de l'enquête de police et qu'il « ne dispersera pas son énergie sur cette affaire ». D'après Naija News, la police a procédé à 11 interpellations ; Voice of Nigeria mentionne aussi ce chiffre, sans qu'il soit clairement établi s'il concerne l'incident d'Ekiti ou celui de Sokoto.

Omoyele Sowore
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Un climat préélectoral sous surveillance

Ces accrochages s'ajoutent à une série d'accusations de l'opposition, qui reproche depuis des mois au gouvernement de Bola Tinubu de vouloir instaurer un parti unique de fait. En février 2026, la présidence avait qualifié ces plaintes d'« allégations téméraires et fallacieuses » et assuré que le Nigeria restait une démocratie multipartite, rapporte Atlantic Post. Ni la présidence ni l'APC nationale n'avaient, à notre connaissance, réagi publiquement aux incidents du 31 octobre au moment de la rédaction.

Pour mieux comprendre les forces en présence, consultez notre article sur les principaux candidats à la présidentielle 2027 au Nigeria.

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