Le Tchad fait face à une épidémie de dengue officiellement déclarée le 3 octobre 2026. Selon le dernier rapport de situation rendu public, couvrant la période du 22 au 26 octobre et relayé par Tchadinfos, le pays recense 4 600 cas suspects, 353 cas confirmés et 14 décès dans six provinces.
Fièvre, maux de tête, courbatures : les premiers signes ressemblent à ceux du paludisme, très présent en fin de saison des pluies. D'où l'importance de bien connaître la maladie.
Une épidémie qui s'étend à six provinces
Le premier cas a été confirmé le 24 juillet 2026, selon le premier rapport de situation publié sur le site de l'OMS Afrique. L'épidémie a ensuite été déclarée par arrêté ministériel le 3 octobre.
Le deuxième rapport, daté du 21 octobre et publié sur le site de l'OMS Afrique, faisait état de 4 004 cas suspects, 311 cas confirmés et 11 décès, avec une létalité d'environ 0,3 %. Les chiffres les plus récents, relayés par Tchadinfos, détaillent la situation par province :
- N'Djaména : 2 045 cas suspects, 288 confirmés, 6 décès ;
- Wadi Fira : 1 971 cas suspects, 27 confirmés, 4 décès ;
- Ouaddaï : 418 cas suspects, 21 confirmés, 1 décès ;
- Sila, Batha et Ennedi Ouest : quelques dizaines de cas suspects et une poignée de cas confirmés.
Ces chiffres sont provisoires : la somme des décès par province (11) ne correspond pas au total annoncé (14), et les rapports successifs comportent des écarts. L'âge médian des cas confirmés est de 30 ans.
Une riposte sous pression
Les autorités ont activé le Centre des opérations d'urgence de santé publique. Selon le rapport de l'OMS du 21 octobre, la riposte comprend des pulvérisations d'insecticide dans les maisons à N'Djaména et à Kounoungou, des nébulisations dans les écoles et les lieux publics, la destruction des gîtes larvaires et une prise en charge dans les hôpitaux universitaires et de district.
Le système de santé reste fragile. Interrogé par RFI, le Dr Bargo, médecin urgentiste, observe que de nombreux malades se rendent directement en pharmacie, où on leur délivre des antipaludiques, et que le pays « manque de lits de réanimation ». Les kits de test se raréfient aussi : « Le stock s'amenuise », reconnaît Dicia Fitouin, coordinateur du Centre des opérations d'urgence de santé publique. Il appelle à consulter tôt et à éviter les anti-inflammatoires, assurant qu'« il n'y a pas de fatalité ».
Le Tchad n'est pas seul. Selon Tchadinfos, qui cite des données de l'OMS, le Burkina Faso, le Sénégal et la Centrafrique signalent aussi des cas de dengue ces dernières semaines. Ces chiffres, non comparables entre pays, n'ont pas été vérifiés de façon indépendante par Splash Media.
Dengue : les symptômes à connaître
La dengue est un virus transmis par la piqûre de moustiques femelles infectés, surtout Aedes aegypti, qui piquent pendant la journée, rappelle l'OMS. La plupart des personnes infectées n'ont aucun symptôme. Quand ils apparaissent, généralement 4 à 10 jours après la piqûre, ils durent 2 à 7 jours :
- forte fièvre (jusqu'à 40 °C) ;
- maux de tête intenses et douleur derrière les yeux ;
- douleurs musculaires et articulaires ;
- nausées, vomissements ;
- ganglions gonflés, éruption cutanée.
Les signes d'alerte qui imposent de consulter en urgence
Selon l'OMS, certains signes peuvent annoncer une dengue sévère, souvent après la chute de la fièvre : douleurs abdominales intenses, vomissements persistants, respiration rapide, saignements des gencives ou du nez, sang dans les vomissements ou les selles, grande fatigue, agitation, soif intense, peau pâle et froide. Une deuxième infection augmente le risque de forme grave.
Il n'existe pas de traitement spécifique. L'OMS indique que la douleur peut être soulagée par du paracétamol et que les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l'ibuprofène et l'aspirine, sont à éviter, car ils augmentent le risque de saignement. Ces informations générales ne remplacent pas un diagnostic : face à une fièvre, seul un professionnel de santé peut faire la différence entre dengue, paludisme ou autre infection.
Comment se protéger
L'OMS recommande de :
- porter des vêtements couvrants et utiliser des répulsifs (DEET, picaridine ou IR3535) ;
- dormir sous moustiquaire, y compris pendant la journée ;
- vider les récipients où l'eau stagne et couvrir les réserves d'eau, à nettoyer chaque semaine ;
- éliminer correctement les déchets solides.
Un vaccin, Qdenga, est homologué dans certains pays ; l'OMS le recommande pour les enfants de 6 à 16 ans dans les zones de forte transmission. Son utilisation au Tchad n'est pas mentionnée dans les rapports consultés.
En cas de fièvre, consultez rapidement un centre de santé ou un médecin, sans vous automédiquer.
FAQ
Comment différencier la dengue du paludisme ? Les symptômes se ressemblent (fièvre, maux de tête, courbatures). Seul un test réalisé par un professionnel de santé permet de poser le diagnostic.
Peut-on prendre de l'ibuprofène contre la dengue ? L'OMS déconseille les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène et l'aspirine, qui augmentent le risque de saignement. Demandez conseil à un professionnel de santé.
Quand faut-il aller aux urgences ? En cas de douleurs abdominales intenses, vomissements persistants, saignements ou grande fatigue, surtout après la baisse de la fièvre.
