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BPCO en Afrique : la fumée de cuisine, un danger pour les poumons trop souvent ignoré

Par Ibrahime StevePublié le •Santé•0 vues
BPCO Afrique
4 min de lecture

Le 18 novembre 2026, la Journée mondiale de la BPCO met en lumière une maladie respiratoire encore mal connue du grand public. Son slogan cette année, porté par l'initiative internationale GOLD : « Short of Breath? Think COPD », autrement dit « Vous manquez de souffle ? Pensez à la BPCO », selon le portail de la Global Alliance against Chronic Respiratory Diseases.

En Afrique, le message a un écho particulier. Ici, la cigarette n'est pas la seule en cause : la fumée du bois, du charbon et des autres combustibles utilisés pour cuisiner à l'intérieur des maisons joue un rôle majeur.

La BPCO, qu'est-ce que c'est ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie pulmonaire qui gêne durablement le passage de l'air. D'après la fiche d'information de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée en juin 2026, elle est la troisième cause de décès dans le monde.

Les chiffres clés de l'OMS :

  • 3,4 millions de décès en 2023, soit environ 6 % des décès dans le monde ;
  • près de 90 % des décès par BPCO avant 70 ans surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ;
  • les symptômes apparaissent souvent vers 45 ans.

Pas seulement une maladie de fumeurs

Le tabac reste un facteur de risque important. Mais selon l'OMS, il explique plus de 70 % des cas dans les pays riches, contre seulement 30 à 40 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ailleurs, d'autres expositions prennent le relais.

La première d'entre elles est la pollution de l'air à l'intérieur des habitations. Selon la fiche de l'OMS sur la pollution de l'air domestique, mise à jour en décembre 2025 :

  • environ 2,1 milliards de personnes cuisinent encore avec des combustibles polluants (bois, charbon, résidus de récolte, bouse) ;
  • en Afrique subsaharienne, 923 millions de personnes n'avaient pas accès à des moyens de cuisson propres en 2022 ;
  • 23 % des décès par BPCO chez les adultes des pays à revenu faible ou intermédiaire sont dus à cette exposition.

Les femmes, souvent chargées de la cuisine, et les jeunes enfants qui restent près du foyer sont particulièrement exposés. L'OMS cite aussi d'autres facteurs : poussières et fumées sur le lieu de travail, infections respiratoires graves dans l'enfance, naissance prématurée, asthme de l'enfance.

Les signes qui doivent faire consulter

La BPCO s'installe lentement, et beaucoup de personnes mettent leurs symptômes sur le compte de l'âge ou de la fatigue. L'OMS décrit les signes suivants :

  • un essoufflement, d'abord à l'effort puis au quotidien ;
  • une toux qui dure, parfois avec des crachats ;
  • une respiration sifflante ;
  • une fatigue inhabituelle.

La maladie peut aussi s'aggraver brusquement lors de crises appelées exacerbations. Elle augmente le risque d'infections pulmonaires, de problèmes cardiaques et de cancer du poumon.

Un diagnostic encore difficile d'accès

Le diagnostic se confirme par une spirométrie, un examen simple qui mesure le souffle. Mais l'OMS reconnaît que cet appareil est souvent indisponible dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Résultat : de nombreux malades ne sont jamais diagnostiqués.

C'est tout l'enjeu du slogan de cette année : penser à la BPCO dès que le souffle manque, plutôt que de laisser passer des années.

Ce que chacun peut faire

L'OMS rappelle plusieurs mesures de prévention :

  • arrêter de fumer ou de vapoter, à tout âge, et éviter la fumée des autres ;
  • limiter l'exposition à la fumée de cuisson : cuisiner dans un endroit bien aéré ou à l'extérieur quand c'est possible, et privilégier des moyens de cuisson plus propres (gaz, électricité, foyers améliorés) quand ils sont accessibles ;
  • rester physiquement actif ;
  • se faire vacciner contre la grippe, la pneumonie et la COVID-19, selon les recommandations de son pays.

Chez l'enfant, prévenir les infections respiratoires graves compte aussi. Splash Media a récemment consacré un article aux signes de la pneumonie de l'enfant.

Cet article a une visée d'information générale. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas d'essoufflement, de toux persistante ou de doute, consultez un professionnel de santé.

FAQ

La BPCO touche-t-elle seulement les fumeurs ? Non. Selon l'OMS, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le tabac n'explique que 30 à 40 % des cas. La fumée de cuisson à l'intérieur, les poussières professionnelles et certaines infections de l'enfance sont aussi en cause.

Comment sait-on qu'on a une BPCO ? Seul un professionnel de santé peut poser le diagnostic, en général grâce à une spirométrie, un examen qui mesure le souffle.

Quand a lieu la Journée mondiale de la BPCO 2026 ? Le mercredi 18 novembre 2026, avec le slogan « Short of Breath? Think COPD ».

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