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Fièvre de Lassa au Nigeria : la saison sèche arrive, les gestes pour se protéger

Par Ibrahime StevePublié le •Santé•0 vues
Epidemie
fièvre de Lassa
4 min de lecture

Chaque année, c'est le même calendrier. La fièvre de Lassa circule toute l'année en Afrique de l'Ouest, mais les cas augmentent pendant la saison sèche, surtout de novembre à avril, rappelle le Centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC). En septembre, son directeur général, le Dr Jide Idris, appelait déjà à se préparer, selon l'agence de presse NAN. Le pays aborde cette période avec un bilan 2026 déjà lourd.

Un bilan 2026 plus meurtrier que l'an dernier

À la 40e semaine épidémiologique, le NCDC recensait 1 138 cas confirmés et 268 décès depuis le début de l'année, selon The Gazette Nigeria, qui cite le dernier rapport de l'agence (publié mi-octobre). Le taux de létalité parmi les cas confirmés atteint 23,6 %, contre 18,6 % à la même période de 2025.

  • 24 États et 119 zones de gouvernement local ont enregistré au moins un cas confirmé ;
  • cinq États concentrent 88 % des cas : Ondo (36 %), Bauchi (23 %), Taraba (12 %), Edo (11 %) et Benue (6 %) ;
  • 38 soignants avaient déjà été infectés à la mi-mars, d'après le rapport de situation du NCDC de la semaine 11.

Ces chiffres sont provisoires et évoluent chaque semaine.

Une maladie transmise par les rats

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'être humain se contamine surtout au contact d'aliments ou d'objets souillés par l'urine ou les excréments de rats du genre Mastomys, très présents dans les habitations.

La transmission entre humains est plus rare. Elle passe par le sang ou les liquides biologiques d'un malade, surtout dans les structures de soins où les mesures d'hygiène sont insuffisantes. Aucune donnée ne montre une transmission par voie aérienne entre personnes.

La maladie est endémique au Bénin, au Ghana, en Guinée, au Libéria, au Mali, au Nigeria et en Sierra Leone, et probablement dans d'autres pays de la région, précise l'OMS.

Des symptômes qui ressemblent au paludisme

C'est l'un des pièges de la maladie. Environ 80 % des personnes infectées ont peu ou pas de symptômes, selon l'OMS. Chez les autres, les signes apparaissent entre 2 et 21 jours après la contamination, de façon progressive :

  • fièvre, fatigue, maux de tête ;
  • puis mal de gorge, douleurs musculaires et thoraciques, nausées, vomissements, diarrhée, toux, douleurs abdominales ;
  • dans les formes graves : gonflement du visage, saignements, chute de tension, convulsions.

La létalité globale est d'environ 1 %, mais elle atteint 15 % ou plus chez les patients hospitalisés pour une forme sévère. La maladie est particulièrement dangereuse en fin de grossesse. Jusqu'à 25 % des personnes guéries peuvent garder une perte d'audition, le plus souvent définitive.

Ces symptômes peu spécifiques font que beaucoup de malades se soignent d'abord eux-mêmes contre le paludisme. Le Dr Jide Idris l'a souligné : « Delays in seeking appropriate medical care remained a major challenge » (« le retard à consulter reste un problème majeur »), a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Abuja, selon la NAN.

Fièvre de Lassa
Wikipédia

Les gestes de prévention

Il n'existe pas encore de vaccin homologué, et aucun antiviral n'est approuvé spécifiquement contre la fièvre de Lassa, indique l'OMS. Une prise en charge précoce, avec notamment une réhydratation, améliore la survie. La prévention repose donc d'abord sur l'hygiène et le contrôle des rongeurs. L'OMS et le NCDC recommandent de :

  • conserver les aliments (riz, gari, haricots, maïs) dans des récipients fermés, hors de portée des rats ;
  • boucher les ouvertures par lesquelles les rongeurs entrent dans la maison ;
  • garder la maison et ses abords propres, éliminer les déchets loin de l'habitation et débroussailler ;
  • bien cuire les aliments ;
  • éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments ;
  • consulter rapidement en cas de fièvre, surtout après un séjour dans une zone touchée, sans prolonger l'automédication.

Pour les soignants, le NCDC résume la consigne en une formule : « Think Lassa, protect, report and refer » (« Pensez Lassa, protégez-vous, signalez et orientez »).

Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas un avis médical. Si vous avez de la fièvre ou des symptômes inhabituels, consultez sans tarder un professionnel de santé ou le centre de santé le plus proche.

FAQ

La fièvre de Lassa se transmet-elle par l'air ? Selon l'OMS, aucune donnée épidémiologique ne montre de transmission aérienne entre humains. La contamination passe surtout par les rongeurs et, plus rarement, par le sang ou les liquides biologiques d'un malade.

Existe-t-il un vaccin contre la fièvre de Lassa ? Non. Plusieurs candidats vaccins sont en développement, mais aucun n'est homologué, indique l'OMS.

Quand le risque est-il le plus élevé ? Selon le NCDC, les cas augmentent pendant la saison sèche, surtout de novembre à avril.

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