La décision a été annoncée à la clôture de la session plénière du GAFI, organisée à Paris du 26 au 30 octobre 2026, selon AML UAE et The Rio Times. Le quotidien ivoirien L'Infodrome parle d'un « marathon de 24 mois » entamé le 25 octobre 2024.
La Côte d'Ivoire n'est pas la seule à quitter la liste. La Bulgarie, Monaco et la République démocratique du Congo en sont également sorties lors de cette plénière, et aucun pays n'y a été ajouté. Selon AML UAE, la liste grise compte désormais 18 juridictions.
Ce que l'on reprochait à la Côte d'Ivoire
Être placé sur la liste grise ne signifie pas une sanction, mais une « surveillance renforcée ». Le pays s'engage à corriger, dans un délai donné, des faiblesses de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes.
En octobre 2024, la Côte d'Ivoire avait pris cet engagement auprès du GAFI, en lien avec le GIABA, l'organisme régional ouest-africain chargé de ces questions, rappelle Bénin Web TV. Un plan d'action avait alors été arrêté.
Les réformes saluées par le GAFI
En juin 2026, le GAFI avait estimé que l'essentiel du plan d'action était accompli. Il avait toutefois exigé une visite sur place pour vérifier que les réformes étaient réellement appliquées et durables. Selon les sources consultées, cette visite a confirmé la mise en œuvre des mesures.
D'après Bénin Web TV, les progrès relevés portaient sur quatre points :
- le contrôle des institutions financières ;
- l'accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés ;
- l'utilisation du renseignement financier par les enquêteurs ;
- la hausse des enquêtes et poursuites pour blanchiment et financement du terrorisme.
La sortie de la liste ne met pas fin au suivi. La Côte d'Ivoire continuera de travailler avec le GIABA sur l'amélioration de son dispositif.
Quelles conséquences pour l'économie ivoirienne ?
Tant qu'un pays figure sur la liste grise, de nombreuses banques internationales appliquent une vigilance renforcée aux opérations qui le concernent. Cela se traduit par davantage de formalités, de délais et de coûts pour les entreprises et les particuliers.
Le retrait devrait réduire ces frictions de façon progressive, mais chaque établissement bancaire fixe son propre rythme, souligne The Rio Times. Pour un pays qui émet des obligations auprès d'investisseurs étrangers et dépend fortement des recettes d'exportation du cacao, l'enjeu d'image auprès des prêteurs est réel.
L'effet sur les coûts d'emprunt reste toutefois à mesurer. Une sortie de la liste grise n'est pas une amélioration de la note souveraine, et les agences de notation ne se sont pas prononcées à ce stade.
Un signal pour les investisseurs
Pour la Côte d'Ivoire, ce retrait envoie un signal positif aux investisseurs au moment où le pays met en œuvre son Plan national de développement 2026-2030.
À l'heure où nous écrivons, aucune réaction officielle du gouvernement ivoirien n'a été relevée dans les sources consultées.
FAQ
Qu'est-ce que la liste grise du GAFI ? C'est la liste des juridictions placées sous surveillance renforcée, qui se sont engagées à corriger des faiblesses dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Depuis quand la Côte d'Ivoire y figurait-elle ? Depuis le 25 octobre 2024, soit environ deux ans.
Quels autres pays sont sortis de la liste le 30 octobre 2026 ? La Bulgarie, Monaco et la République démocratique du Congo.
Le retrait a-t-il un effet immédiat ? Non. Les banques internationales devraient alléger progressivement leurs contrôles, chacune à son rythme.
