Le président ivoirien avait quitté Abidjan le 23 octobre pour une tournée en Suisse puis en France, selon un communiqué de la présidence repris par Connectionivoirienne. Le thème de son intervention à l'OMC était « Commerce, investissement et partenariat pour le développement : l'expérience ivoirienne ».
La conférence s'est tenue au siège de l'organisation, en présence de sa directrice générale, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, rapporte Abidjan.net. Après Genève, Alassane Ouattara doit être reçu à Paris par Emmanuel Macron. La date et l'ordre du jour de cet entretien n'ont pas été rendus publics.
« Passer d'une économie qui exporte à une économie qui transforme »
Le cœur du discours, publié dans son intégralité par Abidjan.net, porte sur la place des pays producteurs dans le commerce mondial. Selon lui, les bénéfices des échanges « ne sont ni automatiques ni équitablement répartis ».
« Le véritable défi est de passer d'une économie qui exporte principalement ses ressources à une économie qui les transforme », a-t-il déclaré. Il a cité l'or, le pétrole, le gaz, le caoutchouc, le manganèse et le nickel parmi les filières concernées.
Le président a aussi relativisé l'attrait des capitaux étrangers. Pour lui, attirer des investissements « ne constitue pas une fin en soi » : ils doivent créer des emplois et transférer des technologies.
Les chiffres avancés par Abidjan
Alassane Ouattara a appuyé son plaidoyer sur plusieurs indicateurs, repris par Fraternité Matin :
- Cacao : 41 % de la production transformée localement lors de la campagne 2024-2025. La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial.
- Anacarde (noix de cajou) : environ 43 % transformés sur place en 2025, contre 2 % en 2012, selon Fraternité Matin. L'objectif est d'atteindre « au moins 80 % de transformation locale à l'horizon 2030 ».
- Croissance : environ 7 % par an en moyenne entre 2012 et 2025, contre 3,3 % pour l'Afrique subsaharienne, selon le discours.
- Gouvernance : un score de 4 sur 6 à l'évaluation CPIA 2025 de la Banque mondiale, soit le deuxième rang africain derrière le Rwanda.
Ces chiffres sont ceux du gouvernement ivoirien. Ils n'ont pas été recoupés avec des données indépendantes pour cet article.
Le secteur privé au centre du PND 2026-2030
Le chef de l'État a présenté le Plan national de développement (PND) 2026-2030 comme le cadre de cette stratégie. « La part des investissements privés est attendue à plus de 70 % », a-t-il indiqué.
Il a cité les conditions à réunir : infrastructures, énergie compétitive, accès des PME au financement et main-d'œuvre qualifiée. Il a aussi évoqué la transition écologique comme une source d'investissements et d'emplois.
La Zlecaf comme levier régional
Alassane Ouattara a enfin invité les pays africains à tirer parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Selon lui, le marché continental doit élargir les débouchés des industries locales et favoriser des chaînes de valeur régionales.
Ce discours s'inscrit dans le débat lancé par Ngozi Okonjo-Iweala sur la « reglobalisation », un modèle censé intégrer davantage les pays en développement aux chaînes de valeur mondiales. Il intervient alors que les tensions commerciales et le protectionnisme pèsent sur les économies exportatrices de matières premières.
FAQ
Qu'est-ce que la « re-globalisation » défendue à l'OMC ? C'est une notion portée par la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala. Elle désigne une mondialisation plus inclusive, qui intègre mieux les pays en développement aux chaînes de valeur. Alassane Ouattara l'a reprise pour plaider en faveur de la transformation locale des matières premières.
Quelle part du cacao ivoirien est transformée en Côte d'Ivoire ? Selon le président ivoirien, 41 % lors de la campagne 2024-2025.
Quel est l'objectif pour la noix de cajou ? Atteindre au moins 80 % de transformation locale d'ici 2030, contre environ 43 % en 2025.
Où va Alassane Ouattara après Genève ? À Paris, où il doit rencontrer Emmanuel Macron. La présidence n'a précisé ni la date ni l'ordre du jour.
