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Frappe de drone à Agadez : le Niger accuse le Tchad et la France, N'Djamena dément

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
frappe de drone Niger Tchad
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La tension monte d'un cran entre Niamey et N'Djamena. Lundi 26 octobre, le gouvernement nigérien a accusé le Tchad d'avoir mené, avec le soutien de la France, une frappe de drone meurtrière dans le nord du pays. Le lendemain, le gouvernement tchadien a rejeté ces accusations et demandé à Niamey d'en apporter les preuves.

Ces accusations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante à ce stade. Les éléments présentés comme des preuves par Niamey n'ont pas été rendus publics.

Ce que dit Niamey

Selon la déclaration gouvernementale lue à la télévision nationale, la frappe a eu lieu dans la nuit du 23 au 24 octobre, vers 1 heure du matin, dans la zone d'Émiloulou, dans la région d'Agadez, près de la frontière algérienne. Le bilan avancé par les autorités fait état de deux civils tués, de plusieurs blessés et de véhicules endommagés, selon Points Chauds, Journal du Niger et Seneweb.

Le gouvernement nigérien affirme que le drone a été lancé depuis le territoire tchadien, sur la base d'éléments « matériels et techniques concordants », et que l'opération a bénéficié de « l'appui » de la France. Il qualifie l'opération d'« acte d'agression militaire » et tient N'Djamena pour « entièrement responsable ».

Les mesures annoncées par le Niger

Niamey a annoncé plusieurs mesures, rapportées par les mêmes sources :

  • la convocation de l'ambassadeur du Tchad pour une protestation officielle ;
  • la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU et du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine ;
  • la demande d'une enquête internationale indépendante et de réparations ;
  • le renforcement de la surveillance de l'espace aérien et des frontières.

Le gouvernement nigérien dit se réserver le droit d'agir en légitime défense, au titre de l'article 51 de la Charte des Nations unies, tout en affirmant ne pas rechercher l'affrontement.

Le Tchad dément et réclame des preuves

La réponse de N'Djamena est arrivée mardi 27 octobre. Dans un communiqué lu à la télévision nationale par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, le Tchad affirme n'avoir « aucunement ordonné, conduit ou soutenu une quelconque opération militaire aérienne depuis son sol contre le Niger », selon l'Agence tchadienne de presse et d'édition (ATPE).

Le gouvernement tchadien nie aussi avoir aidé une puissance étrangère contre le Niger. Il demande à Niamey de rendre publics les éléments matériels et techniques qu'il dit détenir, appelle lui aussi à une enquête internationale indépendante et se dit ouvert à un dialogue direct « fondé sur des faits établis ».

N'Djamena formule à son tour des griefs : il dit avoir gardé le silence après des événements survenus les 28 et 29 août 2026 et évoque la présence supposée de groupes rebelles tchadiens au Niger. Ces allégations n'ont pas non plus été vérifiées de manière indépendante. Au moment où nous écrivons, nous n'avons pas trouvé de réaction officielle de la France.

Des relations dégradées depuis des mois

Cet épisode s'inscrit dans une dégradation continue des relations entre les deux voisins. Niamey reproche au Tchad d'offrir une « profondeur stratégique » à des groupes armés qui visent ses populations et ses infrastructures énergétiques. En septembre, à la tribune des Nations unies, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine avait déjà accusé le Tchad et la France de préparer une attaque contre le Niger, sans présenter de preuves, rappelle Points Chauds.

Depuis la rupture des accords de défense entre Niamey et Paris, le Tchad reste l'un des derniers pays de la bande sahélo-saharienne liés militairement à la France, souligne le Journal du Niger. Le nord du Niger connaît par ailleurs une activité militaire accrue : le Parlement algérien vient d'autoriser l'envoi de troupes algériennes au Niger, comme l'a rapporté Splash Media.

Les prochaines étapes dépendront de la réponse des instances saisies par Niamey et de la publication, ou non, des preuves annoncées.

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