Aziz Thiam, frère aîné du président du PDCI-RDA Tidjane Thiam, a été inculpé vendredi 23 octobre par la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan. Il a été placé sous contrôle judiciaire, selon plusieurs médias ivoiriens dont KOACI, Linfodrome et Leral.
Ancien ministre sous Henri Konan Bédié et vice-président du PDCI-RDA, il devient l'une des personnalités les plus en vue de l'opposition visées par les procédures ouvertes après les violences de la présidentielle d'octobre 2025. Comme toute personne inculpée, il est présumé innocent.
Dix-sept chefs d'accusation
Selon ces médias, Aziz Thiam est poursuivi pour 17 chefs d'accusation. Linfodrome indique que figurent parmi eux l'assassinat et des actes terroristes. La liste complète n'a pas été rendue publique, et aucune communication officielle du parquet n'a été publiée à ce stade. D'après Leral, c'est son avocat, non nommé, qui a annoncé l'inculpation et la mesure de contrôle judiciaire.
Selon KOACI, ses ennuis judiciaires sont liés aux événements survenus lors de l'élection présidentielle d'octobre 2025. Les conditions du contrôle judiciaire, comme d'éventuelles interdictions de sortie du territoire, n'ont pas été précisées. Le PDCI-RDA n'avait pas encore réagi publiquement à cette inculpation au moment où nous écrivons.
Six cadres du PDCI déjà convoqués
Cette inculpation s'inscrit dans une série de procédures. Le 17 octobre, le PDCI-RDA a indiqué que six de ses membres avaient été convoqués devant la même section antiterroriste entre le 15 et le 23 octobre : Mandodja M'Bia Roger, Ezaley Philippe, Alain Cocautrey, Dia Houphouët, Fian Hervé et Kouakou Guillaume, selon KOACI. Deux d'entre eux, Philippe Ezaley et Roger M'Bia, ont ensuite été placés sous contrôle judiciaire, comme l'a rapporté Splash Media.
Dans une déclaration lue au nom de son secrétaire exécutif, Yapo Calice, le parti a estimé que les procédures visant les responsables des deux grandes formations de l'opposition constituaient « un signal politique grave ». Il a rejeté tout lien avec des organisations criminelles ou terroristes, réclamé le respect de la présomption d'innocence et appelé la CEDEAO, l'Union africaine et l'ONU à suivre ces dossiers. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo a lui aussi annoncé la convocation de cinq de ses responsables devant la même section.
La position du gouvernement
Le gouvernement, lui, renvoie à la justice. Interrogé le 14 octobre sur la demande du PDCI-RDA de garanties pour un retour en sécurité de Tidjane Thiam, actuellement en France, le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly a répondu : « Seul le juge d'instruction pourrait vous le dire », selon KOACI.
Il avait ajouté ne pas comprendre cette demande « en l'absence d'éléments » reliant Tidjane Thiam aux événements de 2025, et suggéré : « Peut-être serait-il bon que son parti déclare la fin de sa mission pour qu'il rentre dans son pays ». Le ministre avait évoqué, parmi les faits examinés par la justice, un projet présumé visant une plateforme pétrolière au large de Jacqueville en 2025.
Une opposition sous pression un an après le scrutin
L'inculpation d'Aziz Thiam intervient un an après la présidentielle d'octobre 2025, qui a vu la réélection d'Alassane Ouattara. Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo avaient été écartés de la course par le Conseil constitutionnel. Les deux principaux partis d'opposition dénoncent un « harcèlement » du pouvoir, selon la revue de presse d'allAfrica.
Le calendrier judiciaire reste chargé pour le PDCI-RDA : le procès qui conteste la présidence de Tidjane Thiam à la tête du parti a été renvoyé au 19 novembre, comme l'a rapporté Splash Media.
