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Méningite : la saison sèche relance le risque dans la ceinture africaine

Par Ibrahime StevePublié le •Santé•0 vues
Epidemie
Saison sèche
Méningite
4 min de lecture

Avec l'arrivée de la saison sèche et de l'harmattan, les pays de la « ceinture africaine de la méningite » entrent dans leur période à risque. Du Sénégal à l'Éthiopie, 26 pays sont concernés, selon Gavi, l'Alliance du vaccin. Les vaccins ont fait reculer la maladie, mais la vigilance reste de mise.

La ceinture de la méningite, une saison à risque

La ceinture méningitique s'étend sur l'Afrique subsaharienne, du Sénégal à l'ouest jusqu'à l'Éthiopie à l'est. C'est la région du monde où la méningite pèse le plus lourd, rappelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les épidémies y surviennent surtout pendant la saison sèche, de décembre à juin, selon un aide-mémoire de l'OMS consacré à la méningite à méningocoques (2018). Le document évoque les vents chargés de poussière, les nuits froides et les infections des voies respiratoires, qui fragilisent les muqueuses. Une étude prépubliée en 2025 sur medRxiv, cosignée notamment par un expert du bureau Afrique de l'OMS, confirme que le risque d'épidémie est le plus élevé dans le Sahel, où la saison sèche est la plus longue. Ce travail n'a pas encore été relu par des pairs.

Une maladie grave, une urgence médicale

La méningite est une inflammation des membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. La forme bactérienne est la plus dangereuse. Selon l'OMS :

  • environ une personne sur six atteinte de méningite bactérienne en meurt ;
  • environ un survivant sur cinq garde des séquelles durables : perte d'audition, convulsions, faiblesse des membres, troubles de la vision, de la parole ou de la mémoire, voire amputations ;
  • la transmission se fait surtout par les gouttelettes respiratoires ou de la gorge, lors de contacts étroits et prolongés.

Les symptômes à connaître, d'après l'OMS : fièvre, raideur de la nuque, confusion, maux de tête, gêne à la lumière, nausées et vomissements. Chez le nourrisson, la maladie peut se traduire par une somnolence, de l'irritabilité, des difficultés à s'alimenter ou une fontanelle bombée. Une éruption de taches qui ne s'effacent pas à la pression peut signaler une infection du sang.

Face à ces signes, il faut se rendre sans attendre dans un centre de santé : le traitement par antibiotiques doit commencer le plus tôt possible.

Des progrès réels grâce aux vaccins

En 2010, un vaccin contre le méningocoque A, le MenAfriVac, a été lancé dans la ceinture. Selon une analyse publiée en août 2025 dans le Pan African Medical Journal par des experts de l'OMS, il a été introduit dans 23 des 26 pays concernés, et la méningite à méningocoque A a disparu de la région depuis 2017.

Les mêmes auteurs relèvent une baisse du nombre de cas et de la létalité :

  • 30 103 cas suspects et 3 237 décès en 2010 ;
  • 26 298 cas suspects et 1 377 décès en 2024 ;
  • une létalité passée de 10,8 % à 5,2 %.

Certains chiffres varient d'une section à l'autre de l'article : ces données sont à lire comme des ordres de grandeur.

Men5CV, le vaccin cinq-en-un

D'autres souches circulent toujours. D'où l'arrivée du Men5CV, un vaccin qui protège contre cinq sérogroupes (A, C, W, Y et X), responsables de la quasi-totalité des épidémies de méningite en Afrique subsaharienne, selon Gavi. Préqualifié par l'OMS en juillet 2023, il a d'abord été utilisé au Nigeria, début 2024.

Lors des campagnes de riposte de 2024 au Nigeria et au Niger, plus de 4,8 millions de personnes ont été vaccinées. Une étude parue dans la revue Vaccine, relayée par Gavi en mars 2026, a recensé 11 événements indésirables graves, soit environ un pour 440 000 personnes vaccinées. La plupart des réactions signalées étaient bénignes : fièvre, maux de tête, douleur au point d'injection.

Men5CV, le vaccin cinq-en-un
Gavi

Objectif 2030

L'OMS s'est fixé une feuille de route ambitieuse pour 2030 : éliminer les épidémies de méningite bactérienne, réduire de 50 % les cas évitables par la vaccination et de 70 % les décès.

Pour les familles, la meilleure protection reste la vaccination selon le calendrier national. Pour savoir quels vaccins sont disponibles dans votre pays et pour qui, rapprochez-vous de votre centre de santé ou d'un professionnel de santé.

FAQ

Quels sont les premiers signes de la méningite ? Fièvre, raideur de la nuque, maux de tête, confusion, gêne à la lumière et vomissements, selon l'OMS. Ces signes imposent une consultation en urgence.

La méningite est-elle contagieuse ? Les principales bactéries en cause se transmettent par les gouttelettes respiratoires, lors de contacts étroits et prolongés.

Existe-t-il un vaccin ? Oui. Plusieurs vaccins existent, dont le Men5CV, conçu pour la ceinture africaine. Aucun vaccin ne couvre toutes les formes de méningite.

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